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	<title>So Food So Good &#187; Master chef</title>
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		<pubDate>Tue, 13 Sep 2011 08:06:21 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[cuisine]]></category>
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		<description><![CDATA[Excellent article paru dans le Monde daté de ce jour&#8230;. La cuisine dénaturée par sa surmédiatisation Master chef &#160;&#187; ! &#160;&#187; Un dîner presque parfait &#160;&#187; ! La cuisine envahit chaque jour l&#8217;espace public. Outre ces émissions mettant en scène la préparation de repas, des centaines de blogs se consacrant à cette activité fleurissent sur le Web. Cet étrange phénomène contraint à poser deux questions : quel en est le sens ? Notre société n&#8217;accorde-t-elle pas trop de place à la cuisine ? La télévision harponne l&#8217;art culinaire avec deux schèmes éprouvés : celui de la télé-réalité et celui du sport. La plupart des programmes combinent ces deux approches, en mettant en compétition sportive des &#160;&#187; vrais gens &#171;&#160;. Ces émissions de cuisine d&#8217;un style nouveau prennent le relais de la télé-réalité, dont elles sont un dérivé. Qu&#8217;est-ce qui fait plus &#160;&#187; vrais gens &#160;&#187; que quelques congénères s&#8217;affairant aux <strong>...</strong>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Excellent article paru dans le Monde daté de ce jour&#8230;.</p>
<h1 style="text-align: right;">La cuisine dénaturée par sa surmédiatisation</h1>
<p style="text-align: left;">
<p>Master chef &nbsp;&raquo; ! &nbsp;&raquo; Un dîner presque parfait &nbsp;&raquo; ! La cuisine envahit chaque jour l&rsquo;espace public. Outre ces émissions mettant en scène la préparation de repas, des centaines de blogs se consacrant à cette activité fleurissent sur le Web. Cet étrange phénomène contraint à poser deux questions : quel en est le sens ? Notre société n&rsquo;accorde-t-elle pas trop de place à la cuisine ?</p>
<p>La télévision harponne l&rsquo;art culinaire avec deux schèmes éprouvés : celui de la télé-réalité et celui du sport. La plupart des programmes combinent ces deux approches, en mettant en compétition sportive des &nbsp;&raquo; vrais gens &laquo;&nbsp;. Ces émissions de cuisine d&rsquo;un style nouveau prennent le relais de la télé-réalité, dont elles sont un dérivé. Qu&rsquo;est-ce qui fait plus &nbsp;&raquo; vrais gens &nbsp;&raquo; que quelques congénères s&rsquo;affairant aux fourneaux ?</p>
<p>Tous les soirs, sur TF1, une année durant, deux anonymes que l&rsquo;on ne connaît que par les prénoms se rencontraient autour d&rsquo;un plat, juste avant la grand-messe du &nbsp;&raquo; 20 heures &laquo;&nbsp;. La télévision doit ingurgiter du réel &#8211; les fameux &nbsp;&raquo; vraies gens &laquo;&nbsp;, le décor anthropologique de Jean-Pierre Pernaut, un micro-trottoir &#8211; le malaxer, le désosser, le mettre en scène sans que rien n&rsquo;y paraisse pour dégurgiter sur les écrans un produit fini fleurant faussement l&rsquo;authenticité. Evidemment, il s&rsquo;agit d&rsquo;une imposture : la réalité ainsi présentée n&rsquo;est qu&rsquo;un produit fabriqué destiné à être jeté afin de pouvoir en consommer un autre le lendemain.</p>
<p><span id="more-11092"></span></p>
<h3>Parodie de l&rsquo;eucharistie</h3>
<p>En instaurant la compétition &#8211; sur le patron de la &nbsp;&raquo; Star Ac &nbsp;&raquo; &#8211; la télévision trahit la cuisine dont l&rsquo;essence réside dans le don, cette grâce, cette gratuité qui soude la convivialité. Dans &nbsp;&raquo; Master Chef &nbsp;&raquo; &#8211; tout comme dans &nbsp;&raquo; Un dîner presque parfait &nbsp;&raquo; sur M6 &#8211; TF1 ne valorise pas la cuisine mais la compétition. En réalité, en transformant la cuisine en avatar du spectacle sportif il la détruit. Ainsi, à l&rsquo;instar des émissions de télé-réalité, &nbsp;&raquo; Master Chef &nbsp;&raquo; célèbre le culte de la compétition, de la loi du plus fort, introduit violemment l&rsquo;activité culinaire dans l&rsquo;univers de la maxime barbare, &nbsp;&raquo; l&rsquo;homme est un loup pour l&rsquo;homme &laquo;&nbsp;.</p>
<p>Longtemps nous avons vécu sous l&rsquo;identification du religieux et du culturel. La religion fondait l&rsquo;identité d&rsquo;une civilisation. Son inscription dans le patrimonial &#8211; ce linceul ou ce tombeau qu&rsquo;est le patrimoine &#8211; signe la mort de la religion comme alpha et oméga de la vie collective. C&rsquo;est alors le patrimoine qui devient l&rsquo;objet d&rsquo;un culte, et non plus Dieu ou un prophète &#8211; on visite les églises et monastères pour leur beauté, non pour y prier. La folie collective pour la cuisine, si elle prépare à moyen terme sa mort par la patrimonialisation qui l&rsquo;accompagne (la cuisine française vient d&rsquo;entrer dans le Patrimoine mondial défini par l&rsquo;Unesco), substitue à la vieille identification du religieux et du culturel une nouvelle identification : celle du culinaire et du culturel. L&rsquo;identité d&rsquo;une civilisation, ce n&rsquo;est plus sa religion, c&rsquo;est sa cuisine.</p>
<p>La situation extravagante faite à la cuisine n&rsquo;est que le symptôme d&rsquo;une société malade, &nbsp;&raquo; une société à la dérive &nbsp;&raquo; comme disait le philosophe Cornelius Castoriadis. Cela signifie que la cuisine est vécue, de manière imaginaire, comme le dernier lieu de stabilité, le dernier repère encore debout d&rsquo;un monde en voie de liquéfaction. Autour d&rsquo;une table, l&rsquo;illusion de communauté unie peut se reformer. Autour de recettes, de façons de manger, l&rsquo;illusion de communication avec toute une civilisation peut renaître &#8211; donnant lieu à une parodie involontaire de l&rsquo;eucharistie.</p>
<p>La télévision démultiplie cette illusion à l&rsquo;infini, attribuant à une émission culinaire le même office social qu&rsquo;un match de football ou de rugby : souder, le temps d&rsquo;un spectacle mercantile, des millions de personnes en leur laissant croire qu&rsquo;à cette occasion survit quelque chose qui est déjà perdu, la communauté réelle. La cuisine se fait passer pour remède à la crise du sens, dont chacun s&rsquo;alarme.</p>
<p>La montée en puissance de la cuisine, et sa létale exploitation médiatique, relèvent de la pathologie sociale. Le rôle qui lui échoit &#8211; jouer le fantôme du sens &#8211; le prouve. Les vrais amateurs de la table et de ses plaisirs voient d&rsquo;un mauvais oeil cette promotion. Ils savent en effet que la vraie cuisine est sans enjeu, qu&rsquo;elle n&rsquo;est ni un spectacle, ni une complétion, ni surtout le dernier réduit du sens et de la culture nationale. C&rsquo;est parce que la vraie cuisine est vide de ces parasites &#8211; les enjeux &#8211; qu&rsquo;accède à la vérité l&rsquo;adage du vieil Héraclite : &nbsp;&raquo; Les dieux sont aussi dans la cuisine. &nbsp;&raquo;</p>
<p>© Le Monde</p>
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