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	<title>So Food So Good &#187; Martin Parr</title>
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		<title>Dix ans avec Bottura</title>
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		<pubDate>Tue, 14 Jun 2016 17:26:59 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Si je ne suis malheureusement jamais allée à l'Osteria Francescana, j'ai souvent croisé Massimo, écouté son intelligence et capté sa culture dans mes 10 années de cuisine. Une pointure d’internationalissime envergure! ]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_27051" style="width: 630px" class="wp-caption alignnone"><img class=" wp-image-27051 " alt="Londres 2014. Après la cérémonie des 50 Best, Massimo Bottura nous prépare des pâtes" src="http://www.sofoodsogood.com/wp-content/uploads/2016/06/massimo-bottura-50-best-2016.jpg" width="620" height="420" /><p class="wp-caption-text">Londres 2014. Après la cérémonie des 50 Best, Massimo Bottura nous prépare des pâtes</p></div>
<p>Un Italien qui se balade en costume baskets New Balance et qui vous fait les meilleurs pâtes du monde en after privé, comme ça  à l&rsquo;impro après une grosse soirée qui l&rsquo;a vu couronner 3è meilleur restau du monde, on lui dit respect et on mange son assiette en se disant que c&rsquo;est peut-être la seule fois où l&rsquo;on touchera à sa cuisine. C&rsquo;était il y a deux ans à Londres. Depuis Massimo Bottura a gagné deux places aux <a href="http://www.sofoodsogood.com/2016/06/14/50-best-2016-bye-bye-frenchies/" target="_blank">50 best Restaurants 2016,</a> décernés hier à New-York et il faut compter sur lui comme le nouvel influent. &laquo;&nbsp;<em>Nous n’étions pas prêts. Aujourd’hui, nous le sommes</em>&laquo;&nbsp;, a sobrement <a href="http://www.atabula.com/worlds-50-best-2016-premieres-reactions-depuis-new-york/" target="_blank">déclaré</a> à NY le chef du meilleur restau au monde. On se doute que le vent brassé par le chef italien depuis plusieurs mois soit pour quelque chose dans cette captation du graal. 2015, c&rsquo;était l&rsquo;année Bottura. Massimo Bottura milite à Milan, avec sa <a href="http://www.osteriafrancescana.it/food-for-soul.pdf" target="_blank">Soup Kitchen</a> de l’Expo universelle de Milan, qui parlait de gaspillage alimentaire. Massimo Bottura écrit un livre. &laquo;&nbsp;Ne jamais faire confiance à un chef italien trop mince&nbsp;&raquo;*, prévient le chef adoubé par Phaïdon. Sa bible couverture marron et lettres d&rsquo;or explique avec force visuels à la <a href="http://www.sofoodsogood.com/2016/03/16/martin-parr-pornfood/" target="_blank">Martin Parr</a> que le sang du lièvre a tout à voir avec Picasso, décortique à grands coups de story telling des recettes comme celle du &laquo;&nbsp;Camouflage, lièvre dans les bois&nbsp;&raquo; et raconte la naissance de l&rsquo;esquimau de foie gras (que j&rsquo; évoquais dans mon <a href="http://www.sofoodsogood.com/2010/10/18/tous-au-sial-tous-au-sial-tous/" target="_blank">Design Culinaire)</a> refusé par les premiers clients. &laquo;&nbsp;<em>Cela ressemblait tellement à une glace Magnum que nous lui avons donné le nom de Magnum de foie gras</em>&laquo;&nbsp;. Puis, menacé par la dite société, il l&rsquo;a rebaptisé &laquo;&nbsp;Croccantino de foie gras&nbsp;&raquo;. Les pages de ce chef de Modene, né en 62, qui tend à &laquo;&nbsp;<em>amener la cuisine italienne dans le 21è</em> s&nbsp;&raquo; se lisent comme un roman.</p>
<div id="attachment_27058" style="width: 630px" class="wp-caption alignnone"><img class="size-full wp-image-27058" alt="Massimo Bottura et son ami Davide Scabin, saisis dans mon Iphone aux 50 Best 2014 à Londres" src="http://www.sofoodsogood.com/wp-content/uploads/2016/06/bottura-scabin-50-best.jpg" width="620" height="420" /><p class="wp-caption-text">Massimo Bottura et son ami Davide Scabin, saisis dans mon Iphone aux 50 Best 2014 à Londres</p></div>
<p>Si je ne suis malheureusement jamais allée à l&rsquo;<a href="http://www.osteriafrancescana.it/" target="_blank">Osteria Francescana</a>, j&rsquo;ai souvent croisé Massimo, écouté son intelligence et capté sa culture dans mes 10 années de cuisine. Un souvenir par exemple d&rsquo;Omnivore 2007 où il réinterprétait pour Gélinaz, avec René Redzepi, Thierry Marx, Petter Nillson et Fulvio Pierangelini un plat de Davide Scabin. Cette année là, Andrea Petrini nouvellement nommé président France des 50 Best, se demandait justement pourquoi &laquo;&nbsp;<em>des pointures d’internationalissime envergure</em>&laquo;&nbsp;, telle que Massimo Bottura ne figurait pas au classement&#8230;&nbsp;&raquo;<em>mais ça fait justement partie des objectifs expansionnistes de l’année à venir de les voir mettre à feu et à sang le sol anglais</em>&laquo;&nbsp;, concluait-il. Mission accomplie. Andrea a giclé mais Bottura est resté. Neuf ans plus tard, le premier chef du monde a fait le chemin, travaillant autant Thelonious Monk que le risotto, le parmesan que Joseph Beuys. &laquo;&nbsp;<em>Je regarde de l’art tout le temps</em>&laquo;&nbsp;, dit-il. A l&rsquo;Osteria, &laquo;&nbsp;<em>nous regardons le monde sous la table</em>&laquo;&nbsp;. Ou encore, &laquo;&nbsp;l<em>a cuisine n&rsquo;est pas seulement la qualité des ingrédients mais aussi celle des idées</em>. <em>Créer une recette est un acte intellectuel</em>&laquo;&nbsp;, écrit-il dans <a href="https://munchies.vice.com/fr/articles/en-cuisine-lingredient-le-plus-important-cest-la-culture" target="_blank">Munchies</a>, ça &laquo;&nbsp;<em>repose sur des visions, de l’intuition, de la velocita. Je sais tout et j’oublie tout</em>&laquo;&nbsp;.</p>
<p><strong><em>Ne jamais faire confiance à un chef italien trop mince. Massimo Bottura. Phaïdon av 2015. 49,95€</em></strong></p>
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		<title>Martin Parr, auteur pornfood</title>
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		<pubDate>Wed, 16 Mar 2016 06:47:41 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Le nouveau livre de Martin Parr parait demain jeudi. Des Goûts, devrait cartonner chez les instagrammeurs! Un livre entier de photos trash qui ne mettent en appétit que ceux qui y mangent. Et si Instagram n'avait rien inventé de la pornfood????]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.sofoodsogood.com/wp-content/uploads/2016/03/martin-parr-foodporn-phaidon.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-26254" alt="martin-parr-foodporn-phaidon" src="http://www.sofoodsogood.com/wp-content/uploads/2016/03/martin-parr-foodporn-phaidon.jpg" width="640" height="433" /></a>Quand <a href="http://www.martinparr.com/" target="_blank">Martin Parr</a> a démarré son travail de photographe, le mot pornfood n&rsquo;existait pas encore. Pourtant le &laquo;&nbsp;Magnum photographer&nbsp;&raquo; ne se lasse pas de ce style dont raffole Instagram. Il en a même fait son genre. Et son nouveau livre &#8211; &laquo;&nbsp;D<em>es Goûts</em>&nbsp;&raquo; &#8211; à la couverture toile cirée vichy est un chouette livret consacré aux nourritures flashées et brutes. Quelques 200 pages d&rsquo;assiettes qui ne donnent faim qu&rsquo;à ceux qui sont en train de les manger. De la food piochée dans le monde, qu&rsquo;on soupçonne (des photos pleine page sans légende) pour beaucoup venir d&rsquo;Angleterre mais la France n&rsquo;échappe pas au pire avec, par exemple, ce brie blanc ultra stérilisé. Un max de beignets, des kilomètres  de saucisses (y compris en sucettes), des frites et haricots à gogo, du fromage en rouleau, des litres d&rsquo;ice creams. Martin Parr choisit de plonger en gros plans dans les pickles ou les &laquo;&nbsp;green cabbage&nbsp;&raquo; trop cuits. <em>Des Goûts</em>, c&rsquo;est un peu le pire des supermarchés, la vraie misère alimentaire. Une fois de plus on regarde l&rsquo;alimentation à 2 vitesses : la bonne et la mauvaise, la gastro et la junk food, le jardin et la boîte. &laquo;&nbsp;M<em>artin cherche peut-être à nous montrer qu&rsquo;il existe une histoire culinaire parallèl</em>e&nbsp;&raquo;, préface judicieusement Fergus Henderson, fondateur du restaurant londonien <a href="https://www.stjohngroup.uk.com/" target="_blank">St John</a>. C&rsquo;est un exercice d&rsquo;intrusion dans l&rsquo;intime, comme les aiment le photographe, sans jugement de valeur. De la bouffe bien populaire, des beignets qui suintent le gras, des milk shakes qui vont glisser entre de gros seins, des plats dans une méchante vaisselle. On voit qu&rsquo;ailleurs, on engloutit des trucs bizarres sans se poser de question (de la jelly, des scorpions, des pâtes poulet). Dans ces clichés sans visages, les mains ont toutes faims. Elles empoignent avec leurs ongles noirs sans différence maïs ou os de viande.</p>
<p>Ces photos sans légende portent en elles leur IGP : ces pastrami, knish, beignets mayo et autres jarret cuit viennent du Wisconsin, du fin fond de la France ou du Worcester. En Angleterre, les haricots ont leur concours, un peu dérisoire. Les habitudes des uns et des autres surgissent de ces nappes à fleurs, à poivrons ou à carreaux. Ma fille a fait &laquo;&nbsp;berk&nbsp;&raquo; en feuilletant des Goûts&#8230;</p>
<p><em>Des Goûts</em>. Martin Parr. Phaïdon. mars 2016</p>
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